Modèle allemand, catastrophe au tournant

Extrait d’un article que vous pouvez trouver en entier sur Comité ORWELL

« À bien regarder, nul doute, les lois Macron et El Khomri ont quelque peu assoupli notre marché du travail. Également, avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), les entrepreneurs ont pu profiter d’aides étatiques afin d’améliorer – c’était le but – l’embauche. Malgré cela, les résultats, sur la courbe du chômage, se font encore attendre.

Des “minijobs” à 80 centimes l’heure

Tous ces mécanismes pourtant sont inspirés des modèles allemand et anglo-saxon (lui, aussi, généralement vanté). Incontestablement, les « minijobs » allemands (ou le contrat zéro heure en Angleterre) – des contrats à temps partiels – ont permis de réduire le chômage.  Ce ne sont, en revanche, ni François Fillon, ni Alain Juppé, ni même Emmanuel Macron qui évoqueront les salaires de misère (plafond maximal de 450 euros par mois pour un salarié) convoyés par ces modèles. En Allemagne, cela concerne 20% de sa population active. L’Italie, l’Espagne et le Portugal, sur les recommandations de l’Union européenne, ont bien suivi le schéma de ces petits emplois précaires, si faciles à « faire sauter » pour l’entreprise. Toutefois, dans ces trois pays latins, encensés par la droite française et la gauche sociale-libérale, rien ne s’est déroulé comme le plan le prévoyait. Il y a bien eu une petite baisse du chômage, mais à quel prix ? Les réformes ont explosé chaque modèle social, sans permettre de recouvrer une sérénité économique et politique. Les inégalités se sont creusées, la pauvreté a augmenté (le nombre de sans-abri grimpe, des maladies qu’on croyait éradiquées refont leur apparition et la malnutrition infantile inquiète, particulièrement au Portugal), les services publics (à commencer par les hôpitaux) sont dans un état catastrophique et les jeunes diplômés, sans espoir, fuient massivement leur pays.

Quant à l’Allemagne, sa situation n’a rien de reluisante : outre-Rhin, l’écart entre les pauvres et les riches ne fait, là aussi, que s’amplifier. En 2015, près de 12,5 millions d’habitants y vivaient sous le seuil de pauvreté (15,29 % de la population), seuil étant fixé à 892 euros en Allemagne contre 935 euros en France, où, selon l’Insee, 4,9 millions d’habitants sont sous ce plafond (7,28 % de la population).

Des usines de 30 000 porcs

La prétendue « réussite » de l’Allemagne est due à sa violence dans les rapports avec ses partenaires. Elle n’a pas de scrupules à concurrencer par un dumping social ses voisins, comme les salariés français – paysans en tête. L’alliance européenne a bon dos… »

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