Lettre ouverte

QUI M’EXPLIQUERA ?

Pourquoi une dame entrée à l’hôpital, en l’occurrence celui de Cimiez à Nice, avec une simple fracture de la cheville en ressort, deux semaines après, les pieds devant, c’est à dire morte, sans qu’aucune explication ne soit donnée. Pourquoi avait  elle un plâtre à la cheville droite alors qu’elle se plaignait de la cheville gauche?

Je l’avais accompagné chez son cardiologue la veille de son entrée et tout était parfait. Après la pose du plâtre je la retrouve dans le service rééducation dit pavillon Chéret où tous ses proches sont régulièrement allés la voir. A chacune de nos visites, Jeannine nous disait qu’elle rentrerait chez elle dans une semaine. Elle était en bonne forme exception faite de sa cheville qui ne pouvait que s’améliorer. Tout allait bien pour elle à ce moment mais nous avons tous constaté un service dans un état scandaleux.

L’hôpital de Cimiez à Nice

Nous avons vu, dans cet hôpital, la détresse des personnes âgées laissés seules,  sans eau, dans une chaleur horrible, et on n’était pas en période de canicule, appelant vainement pour pouvoir boire sans aucune réponse. Le personnel était en pause et l’eau en bouteille était épuisée, nous a-t-on répondu .

Qui m’expliquera l’état de ce pavillon qui ressemble plus à un mouroir qu’à un centre de rééducation avec une chaleur insupportable, une saleté incroyable, une absence de médecins. On me dit que l’Etat sacrifie la santé ainsi qu’en témoignent 150 personnels de Grenoble.

Seuls quelques ventilateurs, apportés par les familles sont en action, toutes les portes des chambres ouvertes pour tenter de faire circuler un peu d’air, aucune solution de désinfection dans les chambres, les murs des couloirs cassés, des gravats.

Son fils, descendu de Bourgogne pour la voir, et nous mêmes, la trouvions bien, malgré la chaleur. Le samedi et le dimanche précédant son décès, elle allait bien, elle mangeait ce qu’on lui apportait.

Le mardi soir, en centre de rééducation, on lui fait une transfusion, sans demander l’autorisation de personne, alors qu’elle était hémophile, et là, dans la nuit son état se dégrade. On la transfère dans une chambre seule sans prévenir personne de la famille. Voyant qu’elle ne répondait plus à son portable, je me rends à l’Hôpital de Cimiez à 13h30.

Je la trouve dans une chambre seule, avec seulement un masque à oxygène, elle respire très fort. Lorsque je tente de la réveiller elle ouvre des yeux révulsés aussitôt refermés. Son état me paraît grave, mais n’ayant aucune notion médicale, je vais aux informations.

Pendant 10 minutes, je cherche en vain un membre du personnel, en faisant la visite de toutes les chambres, les portes sont ouvertes. A mon arrivée j’avais vu du personnel devant le hall d’entrée en train de fumer. Curieux lorsqu’on entend qu’on interdit de fumer dans les parcs et jardins. Ne trouvant personne, j’allais descendre chercher des infirmières en bas où j’en avais vu une bonne demi douzaine en arrivant, en pause sans doute, lorsque passant devant un bureau fermé portant l’inscription « réservé au personnel » j’entends des éclats de rire. Après avoir frappé à trois reprises de plus en plus fort, une infirmière sort.

Je commence à lui faire part de mes inquiétudes quant à l’état de Jeanine. A ce moment l’interne de garde arrive qui confirme qu’il y a un problème avec Jeanine, sans m’accompagner pour la voir, elle ne quittera pas son bureau. J’étais loin de me douter de l’urgence qu’il y aurait eu  à tenter quelque chose.

Scandalisé et inquiet par ce que j’ai pris pour du je m’en foutisme, j’appelle mon amie, qui appartient au corps médical, elle accourt, voit que Jeanine rentre dans le coma, toujours avec un simple masque à oxygène. L’interne lui parle d’un oedeme aigu du poumon et demande si la famille est d’accord pour l’intuber, diagnostique erroné.

Puis devant mon amie, elle part s’enfermer dans son bureau, en arguant du fait que nous ne sommes pas de la famille. Jeanine, dans sa chambre, était complètement inconsciente, râlant, dans un coma avancé , et là peut être par peur de la suite que la famille pouvait donner à cette affaire , quatre aides soignants et infirmières , toujours pas de médecin ni d’interne , s’activent autour d’elle. Elle se trouve toujours dans le pavillon rééducation.

Son fils prévenu par nous, appelle le médecin du pavillon Mossa, qui enfin la fait transporter chez lui. Il lui dit vers 16h30 que sa mère va mal, et qu’il en saura plus dans les 24h. Il le rappelle 10 minutes après pour lui dire que sa mère vient de mourir d’une maladie nosocomiale. Exit l’oedeme aigu du poumon.

Il lui annonce que sa mère est au reposoir de Pasteur et que ses affaires sont avec elles

Et le deuxième scandale commence.

Il a du aller 5 fois à l’hôpital de cimiez pour récupérer les affaires remisées dans un sac poubelle. Lors de ces 5 visites et devant témoins, les infirmières ont avoué qu’il n’y avait pas de médecin le dimanche et que le personnel ne pouvait rien dire, car la plupart était des contractuels, et s’ils faisaient des remarques, leur contrat n’était pas renouvelé

Le dernier jour, au Pavillon Mossa tous les médecins sont venus autour de lui et lui ont posé deux questions :

« Est ce que cette dame est bien médecin ? »

«  Est ce que ce monsieur est bien avocat ? »

Mais aucune explication n’est donnée. Jeanine a été transportée au reposoir avec son plâtre que les employés du reposoir, gens formidables de  par ailleurs, ont enlevé contrairement à l’usage m’a-t-on dit, précisant que c’était déjà arrivé.

Son fils a demandé par LRAR des explications sans à ce jour en recevoir. Est-ce si compliqué de répondre? Tout semble tenté pour cacher une grave erreur de diagnostique et/ou négligence.

Plâtre toujours présent au sortir de l’hôpital.

Ce jour, au moment où commence une période de canicule qui va durer plusieurs jours, je ne puis m’empêcher de penser à tous ces personnes âgées et ces malades qui doivent subir et ne peuvent pas se défendre. Puisque je le peux, je leur dois bien cela à un moment où on apprend que personne ne trouve à redire qu’on construise une piscine à Brégançon, que le secrétariat de la femme du président coûte 278 750 dixit la cour des comptes. Et d’autres dépenses qui ne sont pas prises en compte. Ne parlons pas des dépenses dispendieuses de l’Etat.

Ne parlons pas des dépenses faites pour les festivités diverses dans la ville de Nice. Combien de climatiseur pourraient être mis en place? mais les personnes âgées votent certes mais ne peuvent plus se révolter.

 

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